En apparence radicalement éloignés, chercheurs, entrepreneurs, artistes, étudiants et journalistes font émerger un besoin de plus en plus fréquent et de plus en plus vif d’accès aux données d’intérêt général. La Mairie de Paris a eu l’occasion de présenter sa démarche de consolidation et d’exploitation des données lors du salon Big Data 2019.

Politique d’ouverture des données

Conformément aux législations nationale et européenne, toutes les données publiques doivent être accessibles aux citoyens sans restriction. Cette politique volontariste d’Open-Data positionne la France en 4ème place (sur 94) du classement de l’Open-Data Index. La ville de Paris est exemplaire grâce à une politique débutée en 2008. Aujourd’hui toutes les données y compris financières sont disponibles sur le portail ParisData. Prenons pour exemple la photo ci-dessous de l’immeuble Artik. Il suffit de quelques clics pour identifier l’arbre et accéder à toutes les données qui le concerne. En l’occurrence, il s’agit d’un arbre aux quarante écus d’une hauteur de 12 mètres. Cliquer ici pour voir les autres champs.

 

Par ailleurs, le salon Big Data 2019 a été l’occasion pour Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris, de rappeler qu’une modélisation de la ville de Paris en 3D est en cours de réalisation et sera bientôt disponible sur le portail Paris Data.

Accélérer l’exploitation des données : le DataCity Challenge

La ville de Paris a créé le DataCity Challenge en 2015. A chaque édition, la Mairie de Paris, de grandes entreprises et des startups s’associent pour développer et expérimenter des prototypes répondant aux différents défis à relever en zone urbaine. Le programme DataCity permet régulièrement de faire émerger des applications s’appuyant sur les données disponibles. A titre d’exemple, en 2017, deux startups (Dataiku et Quantmetry) ont développé un système d’éclairage adaptatif en fonction de l’activité de la rue. Ce projet a été conduit en partenariat avec Bouygues et SFR. La validation de l’approche, appuyée par des dizaines de jeux de données permettra de réduire à terme la consommation d’électricité de 5 à 6%.

Protection de la vie privée

La Mairie de Paris accorde une importance cruciale au respect des différentes législations et le RGPD ne déroge pas à la règle. Ce règlement constitue un levier d’innovation pour l’Europe et une barrière aux technologies importées d’Asie ou des États-Unis. Pour Jean-Louis Missika, il y a d’ailleurs un besoin de confiance et de transparence dans la collecte et l’exploitation des données. Les faits divers tels que le scandale Cambridge Analytica exacerbent ce besoin. La Mairie de Paris possède ses propres Data Center situés dans Paris intra-muros.

Données d’intérêts général

La ville de Paris fait face à des problèmes récurrents de congestion et a donc naturellement de nombreuses attentes en terme de planification de la mobilité, qu’il s’agisse du transport de marchandise (logistique du dernier kilomètre) ou de personne. Le partage des données est un pré-requis des acteurs qui contractualisent avec la Mairie de Paris comme Vélib’ et Autolib’. En revanche, un certain nombre de protagonistes semblent moins réceptifs aux enjeux du partage des données. Ainsi, certains décideurs parisiens se retrouvent pris en étau entre leurs propres contraintes et des acteurs comme Uber ou G7 dont ils ne connaissent ni la position, ni le nombre de véhicules, ni le nombre de passagers. La Mairie de Paris soutient que ces données d’intérêt général sont détenues par des entreprises privées. Il ne s’agit pas d’une spécificité des domaines du transport mais bien d’une difficulté récurrente. La politique de dialogue et de sensibilisation semble avoir échouée. La Mairie de Paris se tourne maintenant vers le gouvernement pour demander une extension à la loi République Numérique pour que toutes les données d’intérêt général deviennent accessibles à tous.

Quelles perspectives ?

Depuis plus de 10 ans, la ville de Paris est pionnière dans la mise à disposition des données publiques. Ces dernières constituent souvent un pilier des innovations. La Mairie défend actuellement auprès du gouvernement une extension de la législation aux données d’intérêt général détenues par des entreprises privées.